L'histoire de la Traction de
Pascal "Coquette"
Voici l'histoire
de "Coquette"
N° de
chassis 76.296
Les premiers propriétaires l'avaient acheté fin 35 ou début
36 dans un garage, neuve, pour remplacer leur C4, et n'avaient que
des louanges à lui faire, tant c'était un véhicule envié pour
l'époque. Ils l'avaient baptisé " Coquette " et avaient de suite
fait installer une galerie et un porte-bagages.
C'était un instituteur de Vergt en Dordogne, Charles Gay, comme
l'indique la plaque en laiton sur le pare soleil. Ils ont beaucoup
visité le sud de la France, avec tous ses cols gravis sans problème,
exepté à 2 reprises (en quand même 45 ans! ) la perte de la roue
avant, mais c'était le talon d'achille de ces voitures paraît-il. (
Hervé Laronde, 4è propriètaire en parle page 75 sur son Livre "
Enquête sur une mystèrieuse 22 " , chose qui lui arriva en 1988 le
jour où il l'a ramena à Lyon, et dont le 11 cab vert est en double
page dans le livre 22 vlà les tractions )
Elle fût planquée dans un garage, pendant la guerre, les roues
démontées, et repartit de plus belle ensuite à sillonner tout le Sud
Ouest régulièrement. Ces informations proviennent d'un courrier
écrit en 1988 par la veuve de l'instituteur, laquelle devait
sûrement être assez agée déjà, puisqu'en 35 ce n'était pas sa
première voiture.
J'ai remonté tous les propriétaires, juste buté sur les 2è (
presque sourds ) et le 3è ( désagréable on ne peut pas plus, mais
j'étais prévenu... par Hervé ) donc H Laronde dans le 69, qui la
revendit à son ami assureur Georges Dhelens dans le 22 avec qui je
corresponds régulièrement, ensuite revendue en 1988 à M. Dutilleul
dans le 92, puis en 1992 dans le 94 à Ph. Noilhetas, qui ma fourni
quelques documents précieux, et revendue en 2002 à un professeur de
mécanique P. Houdry de la région Strasbourgeoise, et moi en août
2003, le 9è.
Suite à une annonce parue dans Gazoline , je suis allé la
chercher le 04/08/2003. Le moteur était neuf, ainsi que les pneus
mais en 165- 400, batterie, échappement, intérieur, calandre
superbe, peinture ancienne, mais jolie, très rare porte-bagage OLD
Lecanu-Deschamps. Ce dernier propriétaire n'avait pas changé la
plaque Rétro-éclairée tellement elle était jolie avec son n° 1935 NZ
94, et pas évidente à refaire. Après avoir cherché partout, même
chez les pros, j'ai finalement fait appel à un ami qui travaille
dans la pub, et qui m'a refait les nouveaux caractères à
l'identique. ( merci Olivier )
Pour ce qui est de l'aspect, il était très correct, mais j'ai
préféré la restaurer rapidement afin d'en profiter pleinement.
La carrosserie fut restaurée en 2004 pendant 3 mois, du dessous
qui était hyper sain jusqu'au pavillon, et l'excellent carrossier
m'a souvent dit être surpris de la base très saine de cette voiture
de 1935. S'en suivit un superbe résultat niveau peinture, quelques
chromes refais par Barcrom à Roubaix, et ainsi tout juste prête
mi-juin 2004 pour les 70 ans de Dunkerque, sa 1ere sortie, comblée
d'éloges et de compliments... Une belle parmi les belles.
Entre deux printemps, en 2005 les freins furent entièrement
refaits, mais que de problèmes pour avoir tous les bons flexibles et
tuyaux sous caisse, et ne parlons pas du changement du maître
cylindre sur ce modèle !!
Puis en 2006 la sortie du moteur pour palier aux
nombreuses fuites, changement des rotules, roulements, cardans, en fait, elle nécessitait beaucoup plus de travail que
je pensais, mais quand on aime on soigne sa belle.
Et
ce voyage à L'Euro-Citro 2006 : 4 avant-guerre + la 15 Six à Dédé, à
une allure de 80/95 km/h sur les nationales, quel plaisir ces 500
kms sans aucun pépin !!
En 2007 ayant toujours eu des problèmes de démarrage, j'ai opté
pour un allumage électronique, remplacé les démarreur, carbu, pompe
à essence. Montage de pneus 130 140 40 Superconfort et réfection des
jantes , c'est sûr, c'est jamais terminé, mais ce qui est fait n'est
plus à faire ( pour un bon moment).
Voilà donc l'itinéraire d'une rare rescapée malle borgne, méritant
de l'attention, après tout ce qu'elle a vécue. -
pas seulement la guerre, les
années, la concurrence, mais aussi l'arrivée en 1936 de la malle
plate ouvrante reléguant cette berline 34/35 moins pratique, donc
vite remplacée et encore moins préservée comme le furent ses
consœurs coupés ou cabriolets - Peut-être aussi un
modèle méconnu, excepté bien sûr des Tractionistes confirmés...
Pascal Meuris
Dunkerque 2004