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Flandres Artois 2010
Vingt-sept !
Oui,vous
avez bien lu : vingt-sept Traction ! Et il fallait y ajouter
quelques modernes et deux motos, modernes elles aussi.
Car
nous ne le dirons jamais assez : nous sommes un club de
Tractionnistes et nous organisons nos sorties pour les Traction. Mais
comme toutes les belles, nos Belles ont leurs petits caprices, leur
grande coquetterie ou même un sérieux besoin de remise en forme ;
qu’à cela ne tienne, nous vous accueillons avec votre
« char » de ce temps ingrat qui n’aime plus l’automobile et
encore moins ce qu’on appelait l’automobilisme.
Matin
de jeudi de l’Ascension maussade. Les Saints de glace nous tiennent
encore. La température frisquette nous fait frissonner, la grisaille
emplit le ciel et nous rejoignons Cassel sous un petit crachin qui a le
bon goût de cesser peu avant notre arrivée.
La
voiture (correctement) garée pour ne pas gêner les autochtones (si, si,
c’est comme cela qu’il faut appeler les Casselois quand on est étranger
comme nous), nous nous retrouvons au café des Trois Moulins. Nous nous
replongeons dans un monde que le modernisme a chassé ; le bois
partout, un comptoir à la dimension d’un patron et de ses clients.
Croissants, salutations, café, conversations, tout se mélange ; la
chaleur de l’amitié prend vite possession des lieux. De nouveaux
participants sont venus grossir nos rangs ; un second Christian
calaisien avec une Normale habillée d’une robe deux tons
originale ; François-Xavier avec le faux-cabriolet bleu à ailes
noires de1935, déjà exposé aux Musée des 75 heures et dont c’était la
seconde sortie. Des Belges de la TU Wallonie, en rallye pour cinq jours
dans l’Audomarois et le Boulonnais, nous ont fait le plaisir de se
joindre à nous ; certain n’hésitant pas à faire le déplacement en
Traction depuis Wavre pour cette seule journée. Et puis que de
jeunes !
Les
aiguilles de l’horloge, insensibles à l’ambiance, avancent
imperturbablement et nous indiquent qu’il faut rejoindre les voitures
et se mettre en route. L’itinéraire n’est pas bien long, mais le
programme comprend une visite avec horaire imposé. Contact, démarreur,
çà tourne. Une file indienne de vingt-sept Traction, les badauds n’en
croient pas leurs yeux et nous-mêmes nous en émerveillons.
Petite
promenade dans les Flandres qui ne sont pas que le « Plat
pays » chanté par le poète. La route serpente de village en
village, descend, grimpe et redescend les collines ; les panneaux
indicateurs nous avertissent de la rudesse des pentes : 7 %, 10 %
et même 14 % ! Le long ruban de notre cortège, 1,6 km
si
nous respectons les distances de sécurité, nous offre un spectacle
inhabituel. Tout se resserre un peu à la traversée des agglomérations
ou au franchissement de difficultés, comme ce terrible passage à niveau
dans une courbe du Lille-Dunkerque (trois panneaux pour l’annoncer et
limiter la vitesse !). Nous abordons Watten par l’est et
découvrons le surplomb impressionnant sur la plaine de
Flandre-Maritime, un vrai pays plat au ras del’eau. Nous longeons la
large voie d’eau de l’Aa canalisée et découvrons sur l’autre rive des
chantiers de batellerie, cales sèches, dont certaines encore en
activité.
Enfin
nous touchons à notre premier but : Houlle et sa distillerie de
genièvre dont tout membre de la TU Nord connaît la spécialité. Une
charmante jeune fille nous initie virtuellement aux premiers secrets de
la fabrication ; elle complète cette découverte par une
présentation de la gamme des productions qui allume nos désirs d’achat.
Et surtout elle nous fait goûter des spécialités nouvelles ; que
les sécuritaires étouffent leurs cris d’orfraie (il faudrait dire
d’effraie) : 2 cl à 18 ° d’alcool ne feront qu’un taux
d’alcoolémie inférieur à 0,07 g/l au moment de reprendre la route.
Consommer avec modération n’est pas s’abstenir.
Nous
nous dirigeons ensuite vers la distillerie elle-même ; pour ceux
qui ont déjà visité des industries céréalières, des distilleries, les
odeurs remontent immédiatement à la mémoire, l’agencement interne du
bâtiment et du matériel replongent dans un univers connu ; seule
la taille de l’ensemble est une nouveauté, car la distillerie de Houlle
appartient au monde de la très petite entreprise avec ses sept
« employés » et sa production annuelle équivalant à 300 hl
d’alcool pur ; au monde de l’artisanat avec la noblesse de son
travail bien fait et la difficulté de subsister dans l’impitoyablemonde
financier moderne. Monsieur Persyn, véritable artisan alchimiste, nous
fait toucher la « matière » de son métier ; mélange des
grains de seigle, d’avoine et d’orge malté ; trempage chaud et
saccharification ;ensemencement et fermentation ;
aromatisation par les baies, et triple distillation enfin produisant
flegmes, imparfaits et genièvre pur ;vieillissement en fûts ou
foudres suivant les qualités désirées. Dans ce petit monde, les
alambics retiennent l’attention la plus soutenue des
participants ; ces appareils, somme toute très sommaires, recèlent
une magie étrange qui ne manque jamais d’opérer.
Nous
nous dirigeons maintenant vers l’espace de vente et notre charmante
demoiselle de tout à l’heure se fait vendeuse-caissière, car à cette
échelle d’entreprisela polyvalence et l’investissement personnel sont
des règles absolues. Nous avions prédit un abordage sous la conduite
des Frères de la Côte, et nous le menons sans faiblesse.
Les
bras chargés, nous remontons dans nos voitures ; destination
Ouwe-Wirquin. Encore une petite ballade dans la campagne, de jolis
coups d’œil sur les clochers et petites églises, la découverte de
l’ancienne poudrière d’Esquerdes réhabilitée en bâtiments municipaux.
Enfin, l’arrivée à l’Espace Musée des Brigades de l’Aa.
Accueil fraternel de Francis Dellerie, Président de ce club.
L’Espace
Musée est installé dans une friche industrielle ; ici aussi
avantages et servitudes. Mais des voitures intéressantes sont
« exposées » à l’abri ; on devrait même dire très
intéressantes car ce sont très
majoritairement des voitures populaires,des voitures de ces
déplacements que nos parents ont connus. Et puis la grande richesse des
Brigades de l’Aa se trouve à l’extérieur de l’Espace Musée ;elle
se trouve chez les membres du club ; car les voitures exposées ne
sont là qu’en dépôt.
Au
diable les aiguilles de l’horloge pour nous rappeler l’heure : nos
estomacs crient famine et nos langues se dessèchent. A l’étage de
l’Espace Musée, Ghislaine et Marie-France, les épouses des Frères de la
Côte, nous ont aménagé une salle de réception confortable aux couleurs
de Citroën. Elles nous réconfortent de punch et de cakes salés dont
elles ont le secret. Puis chacun prend place à table, ouvre qui sa
glacière qui son panier et le grand partage commence. Ô André (Citroën)
qui a offert tant de beaux banquets, tu aimerais ces terrines, ces
salades, ces quiches qui tournoient et s’entrecroisent, qui
émoustillent nos papilles, qui varient nos conversations. Que dire des
nectars qui les accompagnent ? Comment résister aux desserts qui
se multiplient ?
Quelques
mots de Jean-Michel qui dit toute sa satisfaction de voir une
participation si nombreuse et si variée. Réponse de nos amis Belges.
Puis, Christian, qui ne reste jamais à cours d’idée pour maintenir
l’ambiance citroënniste, nous soumet un quizz avec petit cadeau Citroën
à la clef.
La journée tire à sa fin ; il est temps de se diriger vers Saint-Omer pour la séparation.
Le ciel s’est éclairci, le soleil s’est enfin décidé à égayer le décor et le Bon Génie des Traction …
…s’est
enfui. Une bobine grillée. Un pneu SuperConfort neuf et sa chambre
crevés. Et cerise sur le gâteau (quelle expression mal adaptée) :
une fuite incolmatable à la tuyauterie d’arrivée d’huile sur la culasse
d’un moteur 7C
.
Tristesse ? C’est toujours triste de voir une voiture immobilisée
sans que nous puissions y remédier ; mais quel réconfort de voir
tous les copains s’affairer autour de la malade, soutenir celui qui a
fait l’effort de participer, lui tenir compagnie jusqu’à l’ultime
moment où le plateau de dépannage viendra mettre fin au problème.
Les hommes s'affairent, les épouses papotent .... ;-)
Maintenant,nous vous attendons avec impatience pour le CitroTour. Inscrivez-vous avant le 23 mai !
Chantal et Daniel
Photos : Isabelle Valin, Daniel Delsalle, Michel Legay, Frédric Saintenoy
Vidéos : Jean-Michel Crombez, Pascal Valin.
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