Rallye 2009 Tr'Axonnais

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8 et 9 mai 2009

 

2e Rallye de la Tu-Nord dans le Laonnois

 

Voici la seconde édition d’une sortie week-end de la Traction Universelle Nord. 2008 avait été consacré à la Côte d’Opale ; 2009 a mis en valeur l’intérieur de la Picardie, Laonnois et Soissonnais. 

La destination étant un peu lointaine pour les participants du Nord et du Pas-de-Calais, certains avaient décidé de partir le jeudi 7 mai ; ainsi André, Jean-Michel, Laurent et Daniel. Marie-France nous avait trouvé un merveilleux gîte à Braye-en-Laonnois, sur le Chemin des Dames. Mais peut-on loger en cet endroit sans prendre un moment aussi court soit-il pour découvrir cette route de crête qui doit son nom aux filles de Louis XV, Mesdames, qui l’empruntaient régulièrement ? Cette crête domine la vallée de l’Ailette et celle de l’Aisne de manière assez abrupte ; une espèce de forteresse naturelle ; lieu de multiples batailles, de très anciennes et celle de mars 1814, toutes oubliées et totalement éclipsées par la désastreuse offensive Nivelle d’avril 1917. Un petit détour par l’ancien village de Craonne où les panneaux de rue n’indiquent que des vides, par le plateau de Californie, un passage devant le monument des Marie-Louise unissant d’un siècle à l’autre les très jeunes combattants de deux conflits européens (1814 – 1917). Enfin, l’arrivée au gîte, la découverte d’un lieu merveilleusement accueillant.

 

Vendredi, premier jour de notre week-end proprement dit.

Rendez-vous au pied des murailles de la ville de Laon. Bien sûr les échanges habituels à nos retrouvailles, et puis cet étonnement toujours renouvelé de la diversité des voitures. Pour une fois un cabriolet 38, une 15/6cyl et sept 11 de tous types et de toutes périodes ; cela sautait aux yeux de chacun. Mais plus discrètes se montraient les jantes ; pourtant aucune n’était identique à une autre : Stop, Pilote, BM, à 4 fentes, et arrangements des couleurs du plus classique unicolore aux merveilleux bicolores ; que n’aurions nous un jour de finition concours d’élégance pour porter notre admiration au paroxysme !

 

Première visite de ce vendredi, les souterrains de Laon, sous l’ancienne ville et sous la forteresse. Les anciens habitants de la ville entre les VIème et XIIème siècle ont exploité et même surexploité des carrières de pierre calcaire et de sable sous leur propre maison. Ainsi, le sous-sol ressemble à un fromage dévoré à 70% par les souris ; les parois montrent les traces du travail des habitants. Dans la roche calcaire, des greniers à grains avaient aussi été réalisés. Enfin, la visite s’est achevée par les casemates aménagées sous Louis-Philippe dans l’épaisseur de la muraille de la citadelle.

Une longue promenade sur les routes de campagne du Laonnois, des routes agréablement accidentées qui dépaysent les Tractionnistes des plaines nordiques. Elles nous mènent vers un lieu merveilleux : sur le versant d’une colline, un petit manoir en pierre locale posé sur une terrasse. Marie-Catherine et Jacques Cornu Langry nous y accueillent chaleureusement. Alignement de nos belles sur la terrasse, apéritif de bienvenue sous le soleil radieux, déjeuner sur quatre tables rondes dans le jardin d’hiver ou d’été (selon la saison), séance photo dans un lieu dont la sobre noblesse rehausse avec éclat les carrosseries sans fioritures de Bertoni.

Et puis le maître des lieux est un intarissable conteur : l’histoire mouvementée de cette demeure, l’épisode quasi-burlesque du bouc tamponneur ; et surtout les objets de sa passion, de sa vie quotidienne : les arbres. Car Jacques est sylviculteur. Pour lui, parler des arbres ne se limite pas à citer les espèces, à différencier les érables sycomores ou les érables planes ; non, il nous fait découvrir ce qu’est un bel arbre, ce qui conduira l’arbre à être beau. Beau ? pas au sens d’un regard sans lendemain ; beau dans toute la dimension de l’arbre : agréable à regarder parce que son image d’aujourd’hui préfigure sa plus grande utilité de demain. Cela ne vous rappelle rien ? Pourquoi votre Traction est-elle la plus belle des voitures ? Parce que rien dans sa ligne ne trouve de justification en dehors de la fonction (merci d’excuser 36 ans de culture industrielle).

Les meilleures choses ayant une fin, nous quittons nos hôtes pour découvrir d’autres merveilles : direction la demeure de Pierre R.

 

Impossible de lui donner un qualificatif car trop sont nécessaires pour parler de lui : accueillant, simple, érudit, collectionneur, … ressusciteur ; ce dernier est un affreux néologisme, mais comment décrire celui qui reconstruit un cabriolet Delahaye en 3000 heures (pour une idée plus précise des choses : 10 heures de travail quotidien pendant deux ans) ? Ses voitures sont plus belles les unes que les autres et illustrent la production d’entre les deux guerres. Deux Citroën C6 (d’avant la Traction) nous enchantent, mais le cabriolet Delahaye transporte réellement dans le monde du rêve automobile. Les ateliers idéalement éclairés et agencés nous ramènent sur le plancher des vaches et nous rappellent que les 3000 heures de travail ne sont pas une abstraction au bas d’une feuille de comptabilité analytique.

La dégustation d’un champagne « bien choisi » couronne cette visite. 

En voiture vers le gîte de la nuit. Encore un étonnement. Une ferme dans la plus pure tradition des anciens établissements monastiques : la production agricole et la transformation associée ; au temps de son exploitation, la ferme comptait 550 ha, utilisait tout par 50 (les chevaux, les bœufs de trait, les hommes, les saisonniers), et englobait une distillerie d’alcool industriel (betterave). Aujourd’hui, l’activité de production a disparu, et a été remplacée par une activité de tourisme : chambres d’hôtes, réceptions, … cela dans un cadre qui justifie pleinement le nom : ferme de la Montagne, rue de la Montagne, à Montagne de Ressons le Long ; tous ceux qui ont découvert l’édifice accroché au rebord escarpé de la colline et qui y ont accédé ont compris combien cette appellation était méritée. De l’intérieur, la vue sur la vallée impressionne. La ferme étant une demeure de famille, la décoration des pièces communes est entièrement authentique, ce qui crée une véritable sensation de vie hors du temps.

Cette première journée s’achève à Longpont par un repas très fin sur ardoise (rien à voir avec le prix) et dans la meilleure humeur.

 

Samedi

Départ pour Compiègne, traversée de la forêt, arrivée au Palais Impérial et … autorisation de stationner devant l’édifice. Encore un cadre digne de nos si belles Traction.

Visite du Musée de l’Automobile et du Tourisme. En fait, notre guide nous fait découvrir les moyens de déplacement antérieurs à l’automobile ; il nous rappelle que beaucoup de ces moyens étaient très mal pratiques et n’avaient qu’une utilité faible : attendre jusqu’à plus d’une heure avant de parcourir quelques centaines de mètres. Nous y avons abandonné l’usage du terme impropre de carrosse pour adopter celui de berline. Et puis, il nous a entrouvert le Grand Hall qui recèle les pièces les plus imposantes mais qui n’est plus visitable pour des raisons de sécurité. Pour les Tractionnistes, la pièce la plus émouvante était cette autochenille Citroën-Kégresse de la Croisière Noire : l’Eléphant-à-la-Tour, chef de bord le Commandant Bettembourg, mécanicien Prud’homme, voiture destinée aux archives et à la trésorerie de l’expédition, qui a parcouru 12060 km.

Direction Pierrefonds ; encore une magnifique traversée de la forêt. Et puis l’arrivée dans cette petite ville dominée par son château fort réhabilité par Viollet-le-Duc. Il est l’heure de reprendre des forces, et la qualité du repas ne cède rien à celui de la veille. Vous tenez à votre ligne ? … Ce n’est pas une bonne raison pour ne pas nous accompagner dans ces merveilleuses réunions.

 

Après-midi : quartier libre. Et ici, le groupe se partage comme il se doit ; certains font une visite rapide de la ville par le « petit train » ; d’autres inaugurent une activité inédite : supports imperturbables de parapluies sur terrain vague ; ces derniers ont pris unilatéralement et unanimement une décision historique dans les annales de la TU Nord : les quartiers libres sont définitivement supprimés !

 

Il est temps maintenant de prendre la direction du retour. La pluie ne nous aura que très peu accompagnés. Nous retrouverons rapidement un temps sec, et nous arriverons dans nos terres septentrionales sous le soleil.

 

Merci à Yannick pour l’organisation de cette magnifique sortie qui laissera de nombreux souvenirs.

 

Chers amis Tractionnistes de la TU Nord, nos Calaisiens Christian, Laurent et leurs charmantes épouses vous ont préparé un rendez-vous pique-nique dans la vallée bucolique de la Course. Viendrez-vous partager ces moments de convivialité ? Toutes et tous y trouvent une place entière, qu’ils soient Tractio-maniaques (encore un néologisme) ou simplement accompagnants. A très bientôt !

 

Chantal et Daniel

 

 

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La dernière mise à jour de ce site date du 06/14/09