

|
|
Le silence était assourdissant cette nuit
d’été à Lens… et cette chaleur
lourde
comme un fardeau me faisait transpirer.
Du côté de la gare, trop peu de signes
de
vie, trop d’ombres
incertaines.
Je sursautais au moindre bruissement.
Ou peut-être trop de romans noirs,
de
lectures
glauques toutes ces années
écoulées à l’ombre de ma solitude …
Il n’y avait
pourtant
ni arbre, ni feuilles,
ni chat ni chien sur
cette place.
La gare, telle une
vieille loco endormie
rendait son dernier souffle.
Ou était-ce le mien
qui provoquait cette
peur idiote ?
J’entendis alors un bruit derrière mon dos…
non, pas un bruit, un murmure… un roulement
de
mécanique si doux qu’il me déstressa
sur le champ.
Je ne rêvais pas.
C’était le doux chant d’une voiture,
d'une vieille voiture.
-24-
|
Le cliquetis
mélodieux de son moteur
réveilla aussitôt un
souvenir d’enfant.
Je le revois cet
instant, je la vois cette
voiture. Elle
vient de tourner derrière
le bosquet sur le chemin qui mène à la
maison de mon grand-père !
C’est bien elle.
C’est une Traction, sa Traction !
Une onze légère, bicolore, parce qu’il
n’aimait pas "faire comme tout l'monde".
Et cette
Traction Avant, venue de nulle
part, me frôla de si près que je sentis son
souffle. Elle fila à vive
allure vers le
centre-ville. Le son mélodieux de son
quatre temps m’apaisa pour toujours.
Les feux rouges blafards s’estompaient
dans fond de la rue.
Alors, je mis la main
sur ma poitrine et
sentis une douce chaleur traverser mes
doigts. Je venais d’être transpercé par
un projectile. Ce n’était pas de la sueur,
c’était du sang…
-25-
|
Extrait de ' La Traction klaxonne
toujours deux fois ' par Michel Legay.
(Aux éditions : ' Lenoir Luivasibien ' )
Pour connaître
la suite de cette histoire,
rendez-vous le 24 mars à Lens,
au salon du livre policier.

Edition de l'année dernière : cliquez ici

|