Le site de la Section Nord de La
Traction Universelle
21 juin 2008
Fourmies
Chers amis de la
Traction Universelle Nord,
Ce samedi 21 juin
s’est déroulée notre quatrième sortie de l’année dans l’Avesnois.
Si vous êtes de ceux
qui n’ont pas encore participé, ces quelques mots s’adressent
particulièrement à vous. A chaque sortie que nous ne faisons pas
nous manquons tant de choses.
D’abord ces ultimes
préparatifs pour que nos belles courent sans encombre à l’aller
comme au retour.
Ensuite ce trajet de
l’aller. Pas toujours séduisant lorsqu’il emprunte les milieux
urbains et péri-urbains de Saint-Amand ou de Valenciennes. Alors la
tentation des voies rapides peut nous prendre et nous emporter pour
tenter de récupérer quelque temps.
La récompense est au
bout du chemin.
7 Traction Avant
déjà arrivées sur la place de Ferrière-la-Grande. Les organisateurs,
Michèle et Philippe, nous accueillent avec gentillesse et nous
dirigent vers un café couleur locale. Viennoiseries, boissons
chaudes, ambiance de retrouvailles ou de découvertes chaleureuses ;
vous êtes connus, tout va bien ; vous êtes nouveau, tout va aussi
bien. Les conversations vont et viennent ; sur nos belles ; sur des
manifestations à venir, comme les 70 ans de la 15-6 cyl au Fort de
Seclin, comme les 75 heures pour 75 ans en 2009 ; et bien d’autres
sujets contribuent eux aussi à la qualité de l’ambiance : enfants,
etc …
Il est temps
maintenant de se diriger vers le restaurant, l’Auberge du Chalet à
Droulers. Le repas a comblé chacun des participants tant par
l’équilibre du choix proposé que par la qualité des mets ; à tel
point que les participants avaient le plus grand mal à lever le nez
de l’assiette au moment des photos.
Et puis il faut se
résoudre à quitter ce lieu reposant pour rejoindre l’Eco-Musée de
Fourmies. Car chaque sortie de la TU est l’occasion de découvrir des
curiosités que nous ne faisons pas l’efforts de connaître par
nous-mêmes. Ce n’est pas que les membres de la TU se comportent
comme de simples suiveurs, mais il nous manque parfois le déclic
pour nous motiver seuls.
Une petite
demi-heure de route en convoi, menés par une … SIMCA Etoile P60 !
Oui vous avez bien lu ! Mais les Tractionnistes ne sont pas obtus
même s’ils réservent leurs assiduités à ces Citroën incomparables.
Une Traction Avant
sur la route attire les regards du public ; des Traction Avant en
convoi développent encore plus de séduction. Vous n’êtes pas
sensibles à l’expression heureuse de ces gens qui vous saluent, vous
félicitent pour l’état resplendissant de votre belle ?
L’Eco-Musée de
Fourmies, vous connaissez ? Dans une ancienne filature de laine. Une
belle chaudière qui alimente en vapeur une belle machine à piston
double-effet avec régulateur à boules ; la pointe de la technique
dans le dernier quart du XIXème siècle.
Et puis toutes ces
machines du travail de la laine. Immobiles ? … Non, pas totalement.
Pour quelques minutes elles reprennent vie et nous donnent une toute
petite idée des conditions INFERNALES du travail dans ces usines
textiles d’il y a cent ans et plus … Sauf que ces conditions ne se
sont que peu et lentement améliorées au cours du temps et qu’elles
existent aujourd’hui ailleurs que chez nous. Tout cela pour des
salaires de misère : 2 francs pour un homme, 1,50 franc pour une
femme et 50 centimes pour un enfant bien que l’emploi des enfants
fut interdit ; à comparer avec les plus de 3 francs que coûtait un
kilo de café non torréfié. Il faut encore y ajouter toutes sortes de
brimades et de punitions à l’encontre de ceux ou celles qui ne sont
pas strictement en ligne avec les desiderata du patronat interprétés
et relayés par une maîtrise pas toujours bien éclairée.
Voilà, nous avons
« compris » ce qu’était le travail de la filature.
Mais l’Eco-Musée
c’est aussi la vie sociale dans l’Avesnois dans ces temps d’avant la
Grande Guerre. Cela réserve encore des surprises. Les
enfants-soldats sont une spécialité du tiers-monde ? L’Ecole de la
République préparait les chers têtes blondes à la reconquête de
l’Alsace-Lorraine par la manipulation de fusils en bois ; et le Tour
de France par Deux Enfants, livre de lecture universel à l’époque,
célébrait tout à la fois la grandeur du pays et déplorait la perte
des deux provinces dont s’étaient exilés les deux garçons pour ne
pas devenir Allemands. Beaucoup y ont retrouvé des souvenirs de leur
lointaine enfance et les ont partagés avec les autres participants ;
catoires (cuisinères à charbon sur hautes pattes) ; robes de
communiantes ; bien peu de choses nous étaient totalement
étrangères.
Et puis une
découverte pour ceux qui n’étaient pas allés aux Belles Mécaniques
de Roubaix la semaine précédente ; oui-oui, la TU y tenait un
stand ! Cette découverte ? Il existait un constructeur automobile à
Fourmies, un constructeur qui avait développé un système de freinage
original : frein primaire sur l’arbre de transmission qui commande
les freins sur les roues avant ; pas de freins sur l’arrière
puisqu’ils font preuve de si peu d’efficacité. Alors qui ? Paul
Génestin. Il y a un site internet ; testez.
Et puis, la journée
se termine et il faut se séparer, reprendre la route. Certains ont
fait un petit détour par … la Belgique : les chocolats et la bière
sont aussi de grandes tentations.